Mets tes culottes!

Clara Déry, Rédactrice en chef

Ça y est, vous avez entre vos mains la première vraie édition de La Colline, 68e législature. J’ai été chargée, pour cette occasion, de vous transmettre une tragique nouvelle : non seulement devrez-vous vous casser la tête pour nous partager des choses pertinentes, mais vous devrez aussi le faire pour vos habits. Qui plus est, l’Association québécoise des jeunes parlementaires est plus stricte et intransigeante que l’Assemblée nationale du Québec (ANQ) elle-même en ce qui a trait au code vestimentaire.

Comme de fait, le règlement de l’Assemblée nationale ne contient aucune indication particulière sur la tenue vestimentaire, mis à part que les habits devraient contribuer au maintien du décorum de l’Assemblée (article 32 des Règlements de l’ANQ). Le point est le suivant : lorsque vous siègerez, vous serez toutes et tous responsables de l’image de l’Assemblée nationale. Autrement dit, « pas le temps de niaiser » ; je sais que vous comprenez. Bon, il ne faut pas partir en peur non plus ; c’est loin d’être le code vestimentaire de la famille royale, mais l’organisation appelle tout de même au respect de quelques exigences pour maintenir ce précieux décorum. Si vous êtes habitué.e à ce type de formule (ou quevous sentez l’urgence de cesser immédiatement la lecture de ce billet), c’est bien simple : tenue de ville, vous ne nous tromperez pas. Pour celles et ceux qui, comme moi, ne comprennent pas toutes les subtiles nuances de cet accoutrement straight, voici quelques détails :

D’abord, il faut que le haut de votre habit superpose deux couches. Autrement dit, il faudrait toujours que votre haut (quel qu’il soit, tant qu’il couvre vos épaules) soit recouvert d’un veston.
Ensuite, ce veston devra pouvoir être boutonné (la norme veut que le bouton du veston soit attaché lorsque vous êtes debout, puis détaché en position assise).
De plus, le port du noeud papillon ou de la cravate est obligatoire pour les hommes. Les autres personnes sont libres de le faire ou non, par solidarité comme par style.
Pour ce qui est du bas maintenant, jupes, pantalons, robes et kilts sont acceptés. Le bas du vêtement devrait laisser paraître au maximum la longueur d’une main au-dessus du genou.
Si on descend sur le plancher des vaches, les jambes et les pieds devraient toujours être couverts. Chaussettes, bas et collants ne devraient pas représenter d’affiliation aux courants punk ou grunge ; je vous en prie, pas de trous ! Un soulier propre conviendra sans problème, mais devrait n’être porté qu’à l’intérieur.

Dernier détail : même Wikipédia mentionne le fait que l’article « tenue de ville » aurait besoin d’une internationalisation (et on ne parlera pas de la tenue de ville dans la ville de Québec). Il va sans dire que nous encourageons fortement les équivalents moins drabes et/ou différents.

Au final, certes, il y a des règles qu’il faut respecter. Toutefois, sachez que c’est loin d’être le moment de vous ruiner pour vous habiller ; les friperies débordent de tout ce dont vous pourriez avoir besoin. Tout compte fait, il ne s’agit que de formalités. Les plus beaux atours n’auront de réel impact que sur vous-même, sur votre attitude et votre confiance. Bref, n’en faites pas un plat !

P.S : Madame Eugénie Lépine-Blondeau, première ministre de la 66e législature, qui sera aux temps des fêtes ailleurs qu’à l’Assemblée nationale pour la première fois en huit ans (et qui ne sera donc pas présente pour vous le dire en personne), vous demande formellement de ne pas succomber aux bas blancs. x