Important : cet article est pour toute personne qui souhaite fleurir

Par Nicolas Pilon, Rédacteur en chef adjoint au contenu écrit

Si vous lisez ce merveilleux journal, c’est vraisemblablement parce que vous avez été sélectionné.e.s pour faire parti du show du Parlement jeunesse du Québec. Et sachez que ce show-là est assez particulier : c’est un peu comme une grande pièce de théâtre où toutes et tous ont un rôle… mais sans que les lignes soient dictées. Vous l’aurez compris, le vote libre est sans conteste le facteur le plus probant quant à la construction de ces dites lignes, ou en d’autres termes, de vos positions sur nombre de dossiers saisissants. Si vous êtes comme moi, jouer le rôle d’un.e parlementaire libéré.e.s de toute attache formelle vous fera certainement plaisir. Vous n’êtes pas seul.e.s à être en pleurs devant l’hyperpolitisation des enjeux québécois, implication nécessaire d’un scrutin uninominal à un tour et de l’hégémonie partisane en résultant, au détriment d’une réelle recherche collective à travers des échanges publics sains.

Donc, toutes mes félicitations. Vous allez assurément grandir, vous remettre en question, vous émanciper et tout le tralala qui vient avec.

Maintenant, à l’essentiel. Il existe plusieurs façons de participer au PJQ. Pour la majorité, ce sera surtout en chambre que la joute se jouera. C’est dire que l’importance du discours est majeure : il est l’étendard de votre identité, systématiquement renouvelée à chaque seconde où vous parlez. C’est le point focal de votre participation en tant que parlementaire. C’est à la fois ce qui excite et ce qui effraie dans la construction de son identité lorsque l’on entre dans un nouveau groupe : les premiers moments sont toujours cruciaux, et ils peuvent rapidement bondir de tous les côtés. Ceci dit, n’ayez crainte, des plus expérimenté.e.s aux néophytes, la prise de parole est source de stress universelle. C’est pourquoi l’espace discursif qui vous sera offert n’implique, de mon expérience, que peu de jugements, quelles qu’en soient les couleurs dont vous le peignez. En toute honnêteté, de mes cinq expériences en simulations, ces jugements sont fortement orientés vers les discours qui marquent l’imaginaire, tout simplement, qu’on soit d’accord ou non avec avec leurs contenus.

Quant au débat – qui concerne les gens en chambre tout comme au journal – bien que ce soit tout à fait personnel, j’ai une affection particulièrement prononcée pour l’intelligence argumentative. L’échange argumentaire représente le coeur de la simulation, et les informations que vous mobiliserez ainsi que la façon dont vous le ferez témoigneront de la saine vivacité du débat. La vérité se trouve quelque part au centre de la spirale réflexive, soit en soupesant analytiquement la force des propos qui seront prononcés de part et d’autre. L’argumentation réussie, c’est ce processus de va-et-vient continu visant une découverte informative. À force de points intelligents, la vérité s’élève.

Le rôle du ou de la parlementaire est à prendre au sérieux; être sélectionné.e pour le PJQ implique, non seulement pour la simulation, mais pour vous-mêmes, un degré certain d’effort. En fait, plus vous vous serez préparé.e.s intellectuellement et personnellement pour les tâches à venir, plus votre plaisir en sera décuplé. Vous saurez assez vite, de toute façon, qui a fait ses devoirs. Devoirs, dis-je ? Lisez et relisez les mémoires, les projets de lois et le journal. Annotez. Approfondissez les sujets. Écrivez. Parlez-en à vos ami.e.s. Prenez des postures qui ne sont pas les vôtres simplement pour en saisir foncièrement les arguments. Et surtout, n’hésitez pas à prendre AU MOINS une coupe de vin entre chaque étape – sans oublier de m’inviter, évidemment (préférence marquée pour le blanc). Vous savez, le vin… c’est la vie! x